Devenir traducteur professionnel ?

Quelles sont les qualités qu’il faut pour devenir traducteur professionnel? Bien sûr, il y a d’abord les compétences linguistiques: une connaissance poussée des langues sources, qui permet de comprendre aussi bien les grandes lignes d’un texte technique (même sans en maîtriser le vocabulaire) que l’argot utilisé dans une série américaine. S’il ne peut pas tout traduire, le traducteur est au moins en mesure de comprendre le message de l’auteur, qu’il s’agisse d’un roman, d’un texte technique ou d’une émission grand public.

Ensuite, il y a la maîtrise de sa langue maternelle. Pour moi, le rôle du traducteur est de s’approprier le message de l’auteur du texte et de le rendre de la manière la plus fluide possible, presque comme s’il l’avait écrit lui-même. Une bonne traduction ne doit pas « sentir la traduction », elle doit faire illusion auprès du lecteur 🙂

Ce n’est pas tout, vous souhaitez devenir indépendant, un petit mot qui fait toute la différence. Pour devenir traducteur indépendant, il faut non seulement les compétences précédentes, mais aussi et surtout des qualités d’entrepreneur. L’indépendance apporte son lot de responsabilités: gérer sa comptabilité et ses finances, prospecter et vendre ses services, réaliser la traduction et assurer le suivi de la qualité… J’insiste sur ce point, mais il est essentiel de garder à l’esprit que devenir traducteur indépendant, c’est d’abord créer son entreprise. Il existe des statuts alternatif qui permettent de se lancer plus vite et sans trop de paperasse, comme le portage salarial ou l’auto entreprise, mais comme toute entreprise, devenir indépendant implique de prendre des risques, notamment financiers.

Les premiers mois étant souvent consacrés à la prospection, il est important d’avoir des réserves financières qui vous permettent de tenir quelques mois sans travailler, et même une fois lancé, de faire face aux périodes creuses. Quand on réfléchit à devenir indépendant, quel que soit le métier d’ailleurs, il me semble que la question du statut n’est pas la plus importante. Internet regroupe suffisamment de comparatifs en tout en genre pour que vous trouviez votre réponse. En revanche, ce qu’il faut se demander, c’est si l’on est capable de se mettre en avant auprès de clients potentiels, si l’on est capable de défendre son point de vue quand un client pose une question sur son travail ou d’assumer humblement ses erreurs le cas échéant. Ce qu’il faut se demander, c’est si on est capable de supporter l’incertitude, le risque, le fait de travailler seul… Ce qu’il faut se demander, c’est si l’on est un entrepreneur avant tout. Et vous, quelles sont vos motivations pour devenir indépendant?

Les tarifs sont une question importante et je vous invite à consulter l’enquête de la SFT pour avoir une idée de ce qui se pratique. Ce qu’il faut retenir, c’est que pour se situer dans la fourchette haute des tarifs, il faut être spécialisé. La spécialisation est capitale pour un traducteur, car personne n’est capable de tout traduire. Se limiter à quelques domaines que l’on maîtrise sur le bout des doigts, voilà la clé du succès!

Le tableau que j’ai brossé de ce beau métier est un peu sombre, je le concède volontiers, mais la réalité de la traduction, c’est aussi ça.

Pourtant, les avantages d’être traducteur indépendant sont bien réels. Pour celui qui possède toutes les qualités précédentes, ce métier est un plaisir. Travailler seul chez soi ou dans un bureau permet de travailler comme on le souhaite, sans gêner personne. On peut écouter la musique ou les émissions de radio de son choix, dicter ses traductions sans se faire mal aux poignets, gérer son emploi du temps comme on l’entend, faire preuve de la plus grande autonomie…

Même s’il faut être disponible aux heures de travail des clients, ce qui implique une certaine discipline, travailler pour soi est un challenge stimulant. Convaincre un client, recevoir des textes à traduire, l’entendre dire qu’il est content du travail réalisé et recevoir le paiement de la facture en temps et en heurs génère une adrénaline qui pousse à en vouloir encore plus: améliorer la qualité son travail, trouver plus de clients, améliorer son activité. C’est cette adrénaline qui nous pousse constamment vers le progrès et l’amélioration, et elle en vaut la peine!

Source : Céline de Mavoisinem